Locaux, NTIC, quelle législation, quelles obligations ?
C’est dans un cadre magnifique au Château des Ducs de Bretagne
et devant un public particulièrement intéressé que s’est déroulé le Club “Handicap &
Emploi”du 3 décembre dernier sur le thème de l’accessibilité de l’entreprise
aux personnes handicapées.
Le Château des Ducs de Bretagne vient de réaliser un ambitieux programme d’accessibilité, aussi bien de ses locaux que des moyens numériques mis à la disposition du public pour accéder aux informations et à la culture. A ce titre, il vient d’être récompensé du « Prix du musée pour tous » et est en demande du label « Tourisme et handicap ». La gageure était de taille : comment transformer un château, construit essentiellement au XVe siècle et dont la fonction première était d’être inaccessible à ceux qui voulaient y entrer, en un lieu capable d’accueillir tous les types de handicaps ?
C’est ce pari réussi qui a été présenté aux participants du Club et qui a, ensuite, permis de décliner les obligations faites aux entreprises et les moyens d’y satisfaire.
Les remerciements du Club s’adressent donc à l’équipe du château qui a su l’accueillir et démontrer sa force de conviction et de réalisation.
Le musée d’histoire de Nantes, château des ducs de Bretagne :
conjuguer accessibilité et patrimoine
C’est David Chatelier, chargé d’accessibilité au Château des Ducs, qui a présenté les travaux réalisés au bénéfice des 3 000 visiteurs handicapés qui visitent les salles chaque année. La première réflexion a porté sur l’environnement des moyens d’accès au site : transports en commun et parkings mais aussi des cheminements adaptés pour accéder aux douves et à la cour du château.
A titre d’exemple, un rejointage particulier a été réalisé pour permettre de conserver les pavés des voies menant à l’édifice tout en y facilitant le passage des fauteuils roulants. Le musée dispose de deux ascenseurs et d’un élévateur qui permettent l’accès fauteuil à 29 salles sur 32 ainsi qu’à l’intégralité des remparts. Ces équipements sont également aménagés au bénéfice des déficiences visuelles et auditives. C’est dans le même esprit qu’a été pensée l’offre culturelle en fonction des différents types de handicap. Des aides multiples sont ainsi proposées : parcours tactile audioguidé, multimédias sous-titrés, visioguide en langue des signes, tables tactiles, livres sonores… qui permettent des visites adaptées aux différents publics et facilitent toujours le mixage des personnes en situation de handicap et de celles qui sont non handicapées. Enfin, une collaboration avec de nombreuses associations locales a permis de former le personnel d’accueil comme de sécurité à l’accessibilité des différents types de handicap.
L’accessibilité pour les personnes handicapées dans les entreprises
Anthony Girard, du cabinet Accèsmétrie, s’appuyant sur les réalisations du château a ensuite présenté l’état de la réglementation en la matière et plus particulièrement le titre IV de la loi du 11 février 2005 qui traite de l’accessibilité. Si les obligations issues de cette loi concernent essentiellement les collectivités locales et territoriales, la nouvelle réglementation pour la construction et la rénovation concerne aussi les entreprises puisqu’elle se penche sur la réglementation des lieux de travail.
Il faut noter, cependant, qu’aujourd’hui il n’existe pas d’obligation immédiatement applicable ; il ne s’agit que d’une mise en réalisation théorique car l’on reste toujours, depuis le 23 avril 2010, en l’attente d’un arrêté d’application. S’appuyant sur deux exemples concrets en entreprise, Anthony Girard a présenté une mission de diagnostic type permettant des préconisations de travaux et l’estimation des enveloppes financières à envisager pour mettre son patrimoine en conformité.
L’accessibilité doit être aussi numérique
Toujours avec l’appui des réalisations du musée, c’est ce qu’a pu démontrer Franck Letrouvé, consultant en accessibilité numérique chez Intuiti. Selon la loi de 2005, en son article 47, « les services de communication publique en ligne de l’état, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées ».
Obligation est donc faite aux collectivités d’être numériquement accessibles. Pour les entreprises l’obligation est moins explicite.
C’est à l’article 24 qu’il faut se référer : « les employeurs prennent […] les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs […] d’accéder à un emploi ou de conserver un emploi ». Cette législation est mondialement en évolution et il n’est pas inintéressant de la précéder quand on sait que la mise en accessibilité d’un site Web, après qu’il ait été réalisé, entraîne un surcoût de l’ordre de 30%. L’accessibilité numérique peut être définie comme la possibilité donnée à tous, et notamment aux personnes handicapées, d’utiliser des ressources informatiques. Internet doit être adapté à toutes les interfaces : navigateur texte ou graphique, téléphone mobile, PDA, TV…
A l’aide d’exemples concrets issus d’entreprises locales, il a démontré qu’avec un site internet accessible, il était possible de moduler la taille des caractères, personnaliser l’affichage, naviguer sans souris ou sans écran, que les moteurs étaient plus efficaces, la navigation plus claire, l’information mieux structurée. Certes, le confort des collaborateurs, handicapés ou non handicapés, s’en trouve amélioré mais, si la communication de l’entreprise est aussi destinée à l’extérieur, elle voit là la possibilité de dialoguer avec une population qui lui serait restée inaccessible.
Aller au-delà des obligations réglementaires en matière d’accessibilité est donc un moyen de se prémunir face à une législation évolutive mais c’est surtout offrir plus de confort donc d’efficacité à ses collaborateurs handicapés et, pourquoi pas, l’occasion de s’ouvrir de nouveaux marchés.
L’accessibilité de l’entreprise aux personnes handicapées
Locaux, NTIC, quelle législation, quelles obligations ?
C’est dans un cadre magnifique au Château des Ducs de Bretagne
et devant un public particulièrement intéressé que s’est déroulé le Club “Handicap &
Emploi”du 3 décembre dernier sur le thème de l’accessibilité de l’entreprise
aux personnes handicapées.
Le Château des Ducs de Bretagne vient de réaliser un ambitieux programme d’accessibilité, aussi bien de ses locaux que des moyens numériques mis à la disposition du public pour accéder aux informations et à la culture. A ce titre, il vient d’être récompensé du « Prix du musée pour tous » et est en demande du label « Tourisme et handicap ». La gageure était de taille : comment transformer un château, construit essentiellement au XVe siècle et dont la fonction première était d’être inaccessible à ceux qui voulaient y entrer, en un lieu capable d’accueillir tous les types de handicaps ?
C’est ce pari réussi qui a été présenté aux participants du Club et qui a, ensuite, permis de décliner les obligations faites aux entreprises et les moyens d’y satisfaire.
Les remerciements du Club s’adressent donc à l’équipe du château qui a su l’accueillir et démontrer sa force de conviction et de réalisation.
Le musée d’histoire de Nantes, château des ducs de Bretagne :
conjuguer accessibilité et patrimoine
C’est David Chatelier, chargé d’accessibilité au Château des Ducs, qui a présenté les travaux réalisés au bénéfice des 3 000 visiteurs handicapés qui visitent les salles chaque année. La première réflexion a porté sur l’environnement des moyens d’accès au site : transports en commun et parkings mais aussi des cheminements adaptés pour accéder aux douves et à la cour du château.
A titre d’exemple, un rejointage particulier a été réalisé pour permettre de conserver les pavés des voies menant à l’édifice tout en y facilitant le passage des fauteuils roulants. Le musée dispose de deux ascenseurs et d’un élévateur qui permettent l’accès fauteuil à 29 salles sur 32 ainsi qu’à l’intégralité des remparts. Ces équipements sont également aménagés au bénéfice des déficiences visuelles et auditives. C’est dans le même esprit qu’a été pensée l’offre culturelle en fonction des différents types de handicap. Des aides multiples sont ainsi proposées : parcours tactile audioguidé, multimédias sous-titrés, visioguide en langue des signes, tables tactiles, livres sonores… qui permettent des visites adaptées aux différents publics et facilitent toujours le mixage des personnes en situation de handicap et de celles qui sont non handicapées. Enfin, une collaboration avec de nombreuses associations locales a permis de former le personnel d’accueil comme de sécurité à l’accessibilité des différents types de handicap.
L’accessibilité pour les personnes handicapées dans les entreprises
Anthony Girard, du cabinet Accèsmétrie, s’appuyant sur les réalisations du château a ensuite présenté l’état de la réglementation en la matière et plus particulièrement le titre IV de la loi du 11 février 2005 qui traite de l’accessibilité. Si les obligations issues de cette loi concernent essentiellement les collectivités locales et territoriales, la nouvelle réglementation pour la construction et la rénovation concerne aussi les entreprises puisqu’elle se penche sur la réglementation des lieux de travail.
Il faut noter, cependant, qu’aujourd’hui il n’existe pas d’obligation immédiatement applicable ; il ne s’agit que d’une mise en réalisation théorique car l’on reste toujours, depuis le 23 avril 2010, en l’attente d’un arrêté d’application. S’appuyant sur deux exemples concrets en entreprise, Anthony Girard a présenté une mission de diagnostic type permettant des préconisations de travaux et l’estimation des enveloppes financières à envisager pour mettre son patrimoine en conformité.
L’accessibilité doit être aussi numérique
Toujours avec l’appui des réalisations du musée, c’est ce qu’a pu démontrer Franck Letrouvé, consultant en accessibilité numérique chez Intuiti. Selon la loi de 2005, en son article 47, « les services de communication publique en ligne de l’état, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées ».
Obligation est donc faite aux collectivités d’être numériquement accessibles. Pour les entreprises l’obligation est moins explicite.
C’est à l’article 24 qu’il faut se référer : « les employeurs prennent […] les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs […] d’accéder à un emploi ou de conserver un emploi ». Cette législation est mondialement en évolution et il n’est pas inintéressant de la précéder quand on sait que la mise en accessibilité d’un site Web, après qu’il ait été réalisé, entraîne un surcoût de l’ordre de 30%. L’accessibilité numérique peut être définie comme la possibilité donnée à tous, et notamment aux personnes handicapées, d’utiliser des ressources informatiques. Internet doit être adapté à toutes les interfaces : navigateur texte ou graphique, téléphone mobile, PDA, TV…
A l’aide d’exemples concrets issus d’entreprises locales, il a démontré qu’avec un site internet accessible, il était possible de moduler la taille des caractères, personnaliser l’affichage, naviguer sans souris ou sans écran, que les moteurs étaient plus efficaces, la navigation plus claire, l’information mieux structurée. Certes, le confort des collaborateurs, handicapés ou non handicapés, s’en trouve amélioré mais, si la communication de l’entreprise est aussi destinée à l’extérieur, elle voit là la possibilité de dialoguer avec une population qui lui serait restée inaccessible.
Aller au-delà des obligations réglementaires en matière d’accessibilité est donc un moyen de se prémunir face à une législation évolutive mais c’est surtout offrir plus de confort donc d’efficacité à ses collaborateurs handicapés et, pourquoi pas, l’occasion de s’ouvrir de nouveaux marchés.