L’écoute de M.Macron face aux propositions du MEDEF sur les questions de la formation et de l’assurance chômage

16 novembre 2017, Commentaires Commentaires fermés sur L’écoute de M.Macron face aux propositions du MEDEF sur les questions de la formation et de l’assurance chômage

Courrier de Pierre Gattaz à l’issue de son entrevue avec Emmanuel Macron

La rencontre le 13 octobre entre le Président de la République et Mr Gattaz a permis d’échanger  sur les réformes à venir concernant l’apprentissage, la formation professionnelle et l’assurance chômage. Une rencontre est également prévue avec la ministre du Travail très prochainement. Voici ce qu’il résulte de leur échange.

Concernant la formation professionnelle :

Il y a un partage de la philosophie d’utiliser le compte personnel de formation pour rendre chaque citoyen responsable de sa stratégie de formation. Pour autant, la formation professionnelle est d’abord un facteur de compétitivité des entreprises – ces dernières doivent donc garder une maîtrise de la formation de leurs salariés. Elle doit également pouvoir accompagner les salariés dans l’évolution de leurs compétences.

Formation des chômeurs :

Les entreprises ne peuvent pas financer au-delà de ce qu’elles font déjà même si Mr Gattaz reconnait la nécessité de faire un effort important. Les entreprises vont faire face à une évolution des métiers de manière substantielle sous l’effet du numérique c’est pourquoi il est fondamental que les entreprises puissent véritablement utiliser les fonds de la formation pour leurs propres salariés. La ponction en direction des chômeurs devra être limitée à ce qui existe aujourd’hui.

Le MEDEF a pour proposition de faire évoluer la formation professionnelle vers une véritable logique de « client » (entreprise, citoyen, État, collectivités…)/« fournisseurs » (organismes de formation, CFA).

Passe notamment par :

• Une clarification des responsabilités :

– La branche et l’entreprise financent et pilotent la formation en direction des jeunes et des salariés,

– Les pouvoirs publics financent et pilotent la formation des demandeurs d’emploi et des agents de la fonction publique ;

 

• Une amélioration de la mesure de la performance du système, donc de la qualité :

– Certification des formations,

– Création d’une agence nationale de l’évaluation de la formation,

 – Paiement à la prestation plutôt que subvention ;

 

• Une simplification notamment par la réduction du nombre de dispositifs (par exemple le CPF doit être la seule voie d’accès individuel à la formation) ;

• Un coût maîtrisé : pas d’alourdissement de la charge sur les entreprises. Iso contribution pour les entreprises (1,68 % de la masse salariale y compris l’apprentissage). À défaut, cela reviendrait à augmenter le coût du travail.

 

Concernant l’apprentissage : 3 points ont été mis en évidence

– Clarifier les responsabilités et le circuit de financement : la branche doit être en première responsabilité ;

– Ouvrir l’apprentissage: ne pas s’arrêter à 26 ans et ne pas se limiter à certains secteurs, mais en faire un outil généralisable à tous les secteurs, tous les métiers ;

– Intégrer les Centres de formation des apprentis (CFA) dans le processus de mesure de la performance et de la qualité du système qui sera mis en œuvre pour la formation professionnelle.

 

Concernant l’Assurance chômage :

Mr Gattaz a mis en avant le fait que beaucoup d’entreprises cherchent à embaucher, mais ne trouvent pas les candidats nécessaires. La raison est double :

1/ un problème de compétences que le plan de formation des chômeurs comblera dans la durée à condition qu’on accélère l’entrée en formation des chômeurs ;

2/ un problème de motivation à la recherche et à la reprise d’emploi qu’il faut traiter à court terme.

Voilà les deux urgences qu’il semble nécessaire de traiter sur la question de l’Assurance chômage.

Mr Gattaz a par ailleurs rappelé que le MEDEF était très fortement opposé à tout ce qui ressemblerait à une augmentation du coût du travail, que ce soit sur les contrats de travail en général ou spécifiquement sur les contrats courts.

Sur le reste, il n’était pas fermé à des évolutions du système de l’Assurance chômage telles qu’évoquées par le président de la République (inclusion des démissionnaires, des indépendants, etc.). Mais tout cela doit s’effectuer dans un cadre budgétaire contraint, et selon une logique : être en capacité de rembourser à terme la dette accumulée.