21 juillet 2016, Commentaires Commentaires fermés sur Nouvelle menace pour la centrale EDF de Cordemais : réaction de Bruno Retailleau

Alors même que le Premier ministre, Manuel Valls, après avoir laissé planer le doute, nous a confirmé tout récemment qu’il n’était pas question de remettre en cause la pérennité de la centrale EDF de Cordemais et en particulier de ses deux tranches charbon, nous apprenons que la ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, Ségolène Royal, s’apprête à sacrifier cette même centrale.

Il apparaît, en effet, que dans le cadre du projet de Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) mis en consultation le 1er juillet dernier, l’Etat envisagerait à l’horizon 2023, de s’orienter vers une sortie du charbon ce qui impliquerait la fermeture des centrales.

Cette décision est totalement incohérente, incompréhensible et inadmissible.

Incohérente, tout d’abord, quand on sait qu’EDF a lancé ces dernières années un programme important d’adaptation de ses centrales thermiques aux exigences environnementales les plus sévères et qu’il vient de consacrer 350 millions d’euros à la modernisation des tranches fioul de la centrale de Cordemais au titre de son « Plan charbon 2035 ».

Incompréhensible, ensuite, car la fermeture des tranches charbon à une échéance aussi rapprochée serait lourde de conséquences, tant pour la rentabilité des investissements en cours qu’en termes d’impact économique et social.

Rappelons, en effet, que la centrale de Cordemais est parfaitement complémentaire des productions d’électricité d’origine nucléaire et renouvelable et qu’elle joue un rôle déterminant lors des pointes de consommation mais aussi pour l’approvisionnement en électricité des Pays de la Loire et de la Bretagne.

Ce sont, en outre, de 1 000 à 1 500 emplois directs et indirects qui dépendent de la centrale de Cordemais, qui seraient sacrifiés, et plus de 20 millions d’euros de fiscalité que génère la part charbon de Cordemais qui disparaitraient. Sans compter le coup que cela porterait au Grand port maritime de Nantes St-Nazaire, déjà fragilisé.

Inadmissible, enfin, car la parole de l’Etat en ce qui concerne l’avenir de Cordemais n’est plus crédible puisqu’il vient à nouveau de changer de position et semble ne plus vouloir tenir ses engagements d’assurer la pérennité des tranches charbon du site.

Le Premier Ministre doit nous dire clairement, désormais, et sans ambiguïté quelle position l’Etat entend adopter en ce qui concerne l’avenir de la centrale thermique de Cordemais.

Bruno Retailleau

Président du Conseil régional des Pays de la Loire

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