Un job après la prison

Deux cents détenus ont pu rencontrer une vingtaine de chefs d’entreprises à Nantes.

Assis d’un côté de la table, Eric Esnos et Etienne Sauzeau, responsable de la société Guesneau propreté. e l’autre, Michel, 40 ans, éboueur de métier. L’homme s’attarde sur ses motivations : « Je souhaite me reconvertir. Je suis actuellement une formation de plaquiste (etc.). »

La scène a tour de l’entretien d’embauche. Sauf qu’elle se passe au coeur du centre de détention de Nantes où Michel est incarcéré depuis juin 2008. Le MEDEF Loire-Atlantique y organisait un carrefour des métiers le 23 novembre dernier.

Une vingtaine de chefs d’entreprises y ont participé. Tout comme près de 200 détenus. Dont Michel. « Je dois être libéré en juin prochain et ce que je recherche, c’est un boulot à la sortie de prison. Ma réinsertion sociale passe par un job. » Avant son incarcération, Michel avait commencé une formation de platrier.

En prison, il prépare un CAP de plaquiste. Deux matinées de cours théoriques par semaine et trois jours de pratique à l’atelier. « Cela permet de ne pas traîner en cellule. La peine passe plus vite comme ça. »

 » Du sens à nos entreprises « 

Surtout, michel compte sur son diplôme pour s’ouvrir les portes de l’emploi. « Sans ce bagae, les entreprises ont tendance à les laisser fermer. Et quand, en plus, on sort de prison … »
Eric Esnos confirme : « Le marché du bâtiment est tellement tendu qu’il nous faut des recrues opérationnelles de suite. La clé, c’est la qualification. »

L’entrepreneur a reçu une quinzaine de détenus hier après-midi. « Trois ou quatre ont un profil intéressant. »

Sa société franchira peut-être le pas. A l’image de celle d’Olivier Riom qui compte huit CDI issus du milieu carcéral. 3participer à la réinsertion de ce public donne du sens à nos entreprises, témoigne l’administrateur du MEDEF. Ce rôle social et sociétal est Essentiel.

Rémi Certain Presse Océan.