“L’idée européenne reste la plus généreuse et la plus performante
depuis des siècles sur notre continent.”
Pour Laurence Parisot, les entrepreneurs français ainsi que les chefs d’Etat et de gouvernement le considèrent comme l’homme de la situation. Début novembre, au G20, celui qui est à la fois un économiste et un praticien, sera la voix de l’Union européenne.
Après le mot d’accueil de Pierre- Antoine Gailly, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, la présidente du MEDEF, s’adressant à Herman Van Rompuy, lui exprime sa reconnaissance ainsi que celle de tous les chefs d’entreprise, d’avoir accepté d’ouvrir cette nouvelle université d’été.
Elle souligne qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont exprimé officiellement le souhait que la charge de président de la zone euro puisse lui être confiée.
Intervention du président du Conseil Européen
Il rappelle les changements profonds intervenus au début des années 1970, dans l’ordre économique et monétaire international, en raison de la prise de pouvoir de l’OPEC. Il fut difficile pour les pays européens de s’adapter. A cette époque, une zone de stabilité monétaire a été créée au sein de l’Europe grâce au système monétaire européen.
Dans la crise actuelle, la leçon a été comprise et ce sont les stabilisateurs économiques qui ont joué, de telle sorte que les déficits publics dans la zone euro sont la moitié de ceux des États-Unis et du Royaume-Uni. La stabilité monétaire était garantie par l’euro, qui nous a préservés – ce qui est souvent oublié – des dévaluations compétitives comme dans les années 1930.
Les économies et les entreprises sont – depuis 35 ans – dans une sorte de révolution permanente et la concurrence est devenue globale. Nous avons au niveau mondial, une interdépendance financière, qui fait qu’une crise aux Etats-Unis devient une crise mondiale, alors même que la régulation financière demeure à un échelon national.
H. V. R. : « L’autorité restait nationale et le marché n’en tenait pas compte du tout. La crise actuelle dans la zone euro nous montre à nouveau le même phénomène. La politique était restée nationale tandis que la monnaie est utilisée par 350 millions de citoyens en Europe. »
Il faut tirer les leçons des erreurs commises lors de chaque crise. C’est ce qui a été fait, en maintenant ouvert le commerce mondial, sans tomber dans le piège du protectionnisme. La crise a également montré la nécessité d’avoir une régulation financière européenne et mondiale rigoureuse. Les Etats-Unis sont, eux-mêmes, enfin convaincus de cette approche.
Il illustre ensuite ses propos par une dizaine de citations ayant trait aux modalités de régulation, à la gestion de l’endettement, avec un objectif de retour à l’équilibre budgétaire.
Àpropos de la gouvernance économique de la zone euro, H. V. R. précise que si tous les membres avaient fait preuve d’une certaine discipline budgétaire et économique, il n’y aurait pas de crise aujourd’hui. L’euro n’a jamais été pourvu de l’infrastructure de surveillance budgétaire économique dont elle a réellement besoin. L’euro était un projet politique, mais qui aurait dû accompagner des instruments nécessaires à son lancement. « Il faut une panoplie d’instruments de politique économique qui accompagne une monnaie commune.(…) Une politique monétaire commune ne suffit pas, même si on a, heureusement, une banque centrale performante et crédible. Je rends hommage à ce grand président qu’est Jean-Claude Trichet.»
Le sommet de l’euro du 21 juillet a donné le « feu vert » à un accord rapide pour une vraie surveillance de la compétitivité et des balances commerciales, réforme qui sera votée par le Parlement européen en septembre prochain. Ce pacte passera par un engagement des états membres à réformer leur système de retraite, leur marché du travail ainsi que leur compétitivité par rapport à leurs principaux concurrents.
H. V. R. : «On peut encore aller plus loin dans l’intégration et je ferai des propositions concrètes au Conseil européen de la mi-octobre et au sommet de la zone euro qui se tiendra à la même date. (…)
Une politique plus stricte et plus saine n’est pas déflatoire. Au contraire, elle est indispensable pour la croissance et pour l’emploi à moyen terme. (…) »
Pour l’UE, un leadership au plus haut niveau est nécessaire, assorti de davantage de coordination dans la gestion journalière d’une crise et de cohérence dans les messages donnés aux marchés.
L’intégration européenne devrait être renforcée par cette crise.
“ Il faut renforcer les institutions de la zone euro.”
Des propositions concrètes seront faites par la présidence du G20, afin de corriger les déséquilibres.
H. V. R. conclut : « Ce début de siècle se différencie de la fin du XXe siècle par la percée irrésistible de la mondialisation, avec ses défis et avec ses opportunités, et par une opinion publique très hétérogène. (…) Mais les leaders contemporains ne gaspilleront pas les efforts rendus par les fondateurs il y a 60 ans. L’idée européenne reste la plus généreuse et la plus performante depuis des siècles sur notre continent. »
Questions de l’assistance
La première sera posée par Hugues- Arnaud Meyer, membre du Conseil Exécutif du MEDEF, sur « la règle d’or » et l’inscription dans la Constitution d’une limitation des déficits.
Soulignant qu’il ne souhaite pas s’immiscer dans un débat politique français, H. V. R. déclare : «Si la Constitution peut aider pour qu’il y ait plus de courage politique dans certaines circonstances, tant mieux. Constitution ou pas Constitution, je crois que le plus important est qu’on arrive à terme, comme le demande d’ailleurs le pacte de stabilité, à un équilibre budgétaire structurel. »
D’autres questions pertinentes sont intervenues ensuite, portant notamment sur des thèmes tels que l’axe franco-allemand, le principe de réciprocité entre l’Europe et ses partenaires, l’atout ou la faiblesse de la diversité de la représentation européenne.
Répondant toujours avec précision, il poursuit : « En dehors des institutions européennes, on a dû se battre pour que l’Union européenne soit présente au G20.
Ce n’était pas facile et on a réussi à le faire. Il y a donc, à côté de l’Union européenne, les grandes économies européennes. (…) ».
« Je crois que le problème n’est pas tellement qu’il y ait différentes voix, ça, c’est le « factor life ». Le problème est : est-ce qu’on donne le même message ? Est-ce qu’on parle le même langage ? C’est ça qui est important. Parce qu’à partir du moment où il n’y a pas une unité d’approche, on s’affaiblit. »
L’heure est à la préparation du G20 d’octobre et il faut travailler avec tous les membres de l’Union Européenne afin d’avoir un même message et parler d’une seule voix. C’est à cette condition que l’Union Européenne sera écoutée.
D’un mot de conclusion, Laurence Parisot remercie le président du Conseil Européen, de son message de confiance, et lui assure le soutien des chefs d’entreprise français pour son ambition européenne.
Université du MEDEF 2011
Plénière exceptionnelle
Herman Van Rompuy, président du Conseil européen
“L’idée européenne reste la plus généreuse et la plus performante
depuis des siècles sur notre continent.”
Pour Laurence Parisot, les entrepreneurs français ainsi que les chefs d’Etat et de gouvernement le considèrent comme l’homme de la situation. Début novembre, au G20, celui qui est à la fois un économiste et un praticien, sera la voix de l’Union européenne.
Après le mot d’accueil de Pierre- Antoine Gailly, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, la présidente du MEDEF, s’adressant à Herman Van Rompuy, lui exprime sa reconnaissance ainsi que celle de tous les chefs d’entreprise, d’avoir accepté d’ouvrir cette nouvelle université d’été.
Elle souligne qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont exprimé officiellement le souhait que la charge de président de la zone euro puisse lui être confiée.
Intervention du président du Conseil Européen
Il rappelle les changements profonds intervenus au début des années 1970, dans l’ordre économique et monétaire international, en raison de la prise de pouvoir de l’OPEC. Il fut difficile pour les pays européens de s’adapter. A cette époque, une zone de stabilité monétaire a été créée au sein de l’Europe grâce au système monétaire européen.
Les économies et les entreprises sont – depuis 35 ans – dans une sorte de révolution permanente et la concurrence est devenue globale. Nous avons au niveau mondial, une interdépendance financière, qui fait qu’une crise aux Etats-Unis devient une crise mondiale, alors même que la régulation financière demeure à un échelon national.
H. V. R. : « L’autorité restait nationale et le marché n’en tenait pas compte du tout. La crise actuelle dans la zone euro nous montre à nouveau le même phénomène. La politique était restée nationale tandis que la monnaie est utilisée par 350 millions de citoyens en Europe. »
Il faut tirer les leçons des erreurs commises lors de chaque crise. C’est ce qui a été fait, en maintenant ouvert le commerce mondial, sans tomber dans le piège du protectionnisme. La crise a également montré la nécessité d’avoir une régulation financière européenne et mondiale rigoureuse. Les Etats-Unis sont, eux-mêmes, enfin convaincus de cette approche.
Il illustre ensuite ses propos par une dizaine de citations ayant trait aux modalités de régulation, à la gestion de l’endettement, avec un objectif de retour à l’équilibre budgétaire.
Àpropos de la gouvernance économique de la zone euro, H. V. R. précise que si tous les membres avaient fait preuve d’une certaine discipline budgétaire et économique, il n’y aurait pas de crise aujourd’hui. L’euro n’a jamais été pourvu de l’infrastructure de surveillance budgétaire économique dont elle a réellement besoin. L’euro était un projet politique, mais qui aurait dû accompagner des instruments nécessaires à son lancement. « Il faut une panoplie d’instruments de politique économique qui accompagne une monnaie commune.(…) Une politique monétaire commune ne suffit pas, même si on a, heureusement, une banque centrale performante et crédible. Je rends hommage à ce grand président qu’est Jean-Claude Trichet.»
Le sommet de l’euro du 21 juillet a donné le « feu vert » à un accord rapide pour une vraie surveillance de la compétitivité et des balances commerciales, réforme qui sera votée par le Parlement européen en septembre prochain. Ce pacte passera par un engagement des états membres à réformer leur système de retraite, leur marché du travail ainsi que leur compétitivité par rapport à leurs principaux concurrents.
H. V. R. : «On peut encore aller plus loin dans l’intégration et je ferai des propositions concrètes au Conseil européen de la mi-octobre et au sommet de la zone euro qui se tiendra à la même date. (…)
Une politique plus stricte et plus saine n’est pas déflatoire. Au contraire, elle est indispensable pour la croissance et pour l’emploi à moyen terme. (…) »
Pour l’UE, un leadership au plus haut niveau est nécessaire, assorti de davantage de coordination dans la gestion journalière d’une crise et de cohérence dans les messages donnés aux marchés.
L’intégration européenne devrait être renforcée par cette crise.
“ Il faut renforcer les institutions de la zone euro.”
H. V. R. conclut : « Ce début de siècle se différencie de la fin du XXe siècle par la percée irrésistible de la mondialisation, avec ses défis et avec ses opportunités, et par une opinion publique très hétérogène. (…) Mais les leaders contemporains ne gaspilleront pas les efforts rendus par les fondateurs il y a 60 ans.
L’idée européenne reste la plus généreuse et la plus performante depuis des siècles sur notre continent. »
Questions de l’assistance
La première sera posée par Hugues- Arnaud Meyer, membre du Conseil Exécutif du MEDEF, sur « la règle d’or » et l’inscription dans la Constitution d’une limitation des déficits.
Soulignant qu’il ne souhaite pas s’immiscer dans un débat politique français, H. V. R. déclare : «Si la Constitution peut aider pour qu’il y ait plus de courage politique dans certaines circonstances, tant mieux. Constitution ou pas Constitution, je crois que le plus important est qu’on arrive à terme, comme le demande d’ailleurs le pacte de stabilité, à un équilibre budgétaire structurel. »
D’autres questions pertinentes sont intervenues ensuite, portant notamment sur des thèmes tels que l’axe franco-allemand, le principe de réciprocité entre l’Europe et ses partenaires, l’atout ou la faiblesse de la diversité de la représentation européenne.
Répondant toujours avec précision, il poursuit : « En dehors des institutions européennes, on a dû se battre pour que l’Union européenne soit présente au G20.
Ce n’était pas facile et on a réussi à le faire. Il y a donc, à côté de l’Union européenne, les grandes économies européennes. (…) ».
« Je crois que le problème n’est pas tellement qu’il y ait différentes voix, ça, c’est le « factor life ». Le problème est : est-ce qu’on donne le même message ? Est-ce qu’on parle le même langage ? C’est ça qui est important. Parce qu’à partir du moment où il n’y a pas une unité d’approche, on s’affaiblit. »
L’heure est à la préparation du G20 d’octobre et il faut travailler avec tous les membres de l’Union Européenne afin d’avoir un même message et parler d’une seule voix. C’est à cette condition que l’Union Européenne sera écoutée.
D’un mot de conclusion, Laurence Parisot remercie le président du Conseil Européen, de son message de confiance, et lui assure le soutien des chefs d’entreprise français pour son ambition européenne.
Intégralité de la plénière exceptionnelle – Herman Van Rompuy, président du Conseil européen