Discours de Yann Rolland, président

Discours de Yann Rolland, président

« Que la formation et la recherche nous entraînent ver l’innovation »

Mesdames et Messieurs les Parlementaires, les élus, les présidents… de CCI, de l’Université… les directeurs des services de l’Etat ou des collectivités locales, et enfin chers entrepreneurs et amis, bonsoir.

Merci à Jean-Pierre Citeau, directeur de l’IUT de Nantes de nous accueillir.

Pour démarrer l’année, plutôt que de se retrouver dans un site prestigieux par son esthétisme ou sa valeur historique, nous avons choisi un lieu de formation proche des entreprises et en présence de jeunes.

En ce sens l’IUT de Nantes est un symbole important en lien avec notre thème des voeux : « Que la formation et la recherche nous entraînent vers l’innovation ».


Je ne sais pas ce que vous avez retenu de 2010, mais pour ma part j’ai perçu un certain nombre de signaux.

Si on peut saluer les chefs d’Etat, qui ont évité la catastrophe dans l’urgence, en injectant des milliards dans l’économie en 2009, cela s’est fait au prix d’une dette que nous devons désormais résorber dans les mois et les années à venir.

Aujourd’hui, nous sommes loin de connaître toutes les conséquences de la mutation de la crise sur notre propre condition, dans les années à venir.

Je vous livre quelques faits, qui je le pense, illustrent cette mutation :

< 10 %, c’est le taux de croissance en Chine, mais c’est aussi le taux de chômage en Occident.

< Le renversement du rapport de subordination entre pays émergeants et l’Occident est désormais lisible : à titre d’exemple, la Chine rachète une partie des dettes souveraines de la Grèce, du Portugal et maintenant de l’Espagne, et des entreprises chinoises ont racheté des symboles forts de notre mode de vie : Volvo, Cerutti, 7 % du Club Med…
Sur le plan des échanges économiques, c’est bien. Le seul problème, c’est que ce pays est tout, sauf démocratique.

< La crise de l’euro. Elle n’est pas liée à la seule crise économique. Elle est la conséquence de la conjugaison de l’excès de la dette de chaque Etat et de l’absence de gouvernance économique homogène en Europe. Et pourtant, une sortie de l’euro serait une catastrophe. Elle entraînerait une dépréciation de la nouvelle monnaie, avec pour conséquence immédiate, un appauvrissement du pouvoir d’achat des populations. E la dette souveraine restant libellée en euro se verrait augmentée, mécaniquement. Sauver l’euro est donc une priorité absolue.

< Que dire du mal typiquement français qu’est la sinistrose (61 % de pessimistes) ? Il faut dire que chez nous on confond progrès et protection, et le principe de précaution conforte ceux qui n’étaient déjà pas tellement audacieux…

< Dans la même veine, nous déplorons tous, le taux faible de participation aux élections régionales et… aux CCI. Ce n’est pas faute d’énergie consacrée à construire une liste d’union avec nos collègues des deux autres représentations patronales. Il faudra bien en faire l’analyse pour que nos élus disposent, lors des prochaines élections, d’une légitimité plus large.

Heureusement, 2010 nous laisse par ailleurs des messages positifs. Je n’en évoque que quelques-uns, différents les uns des autres :

< L’année s’est achevée sur une consolidation de la reprise en Amérique et en Europe, et sauf accident, cela devrait se poursuivre en 2011.

< L’explosion du e-businees : les réseaux sociaux, une véritable vague de fond, jusqu’où va-t-elle aller? Qui aurait prédit un tel impact pour Facebook, il y a 2 ans ?
Quelle mutation va entraîner l’Ipad sur nos comportements? Et demain quelle cyber révolution nous attend ? Chaque chef d’entreprise doit se demander comment saisir cette formidable opportunité pour sa société.

< 2010 récolte les fruits de la mise en place de l’autonomie de gestion des Universités.

< Et puis la réforme courageuse des retraites : ouf ! ça aurait pu mal finir.

< Et enfin, pour nous au MEDEF : la réélection de Laurence Parisot en juillet a été une bonne nouvelle. D’abord parce que cela a montré une grande unité au sein de la première organisation patronale.

Ensuite parce que Laurence Parisot, c’est un style à la fois, rénovateur, force de proposition, orienté « dialogue social », tout en restant ferme sur les fondamentaux.

Quels sont les axes « politiques » du MEDEF ?

La compétitivité des entreprises :

< Elle est souhaitée par l’harmonisation fiscale France/Allemagne, et la réduction des impôts et des charges qui pèsent sur les entreprises : or ce qu’on a gagné avec la suppression de la TP en 2009, on va le reperdre en 2011. Au final, c’est une augmentation de 9 Md€ de prélèvements supplémentaires que les entreprises vont subir dès cette année suite à la loi de finance, en fiscalité et en charges sociales.

Pour retrouver de la compétitivité, il faut travailler plus et plus longtemps (réforme des retraites, et des 35 h). Le MEDEF se félicite de constater que, ce qui est clair pour lui depuis l’avènement des 35 h, devient évident pour tous : les 35 h sont à l’origine de la dégradation de la compétitivité des entreprises françaises depuis 2000, comparées à l’Allemagne par exemple.
Ainsi, une étude récente révélait que pour un coût de la main-d’oeuvre horaire de 33,2 € en France (allègements de charges compris), il était de 30,6 en Allemagne et de 28,2 en moyenne dans la zone euro.
Quant à la durée effective moyenne de travail, elle est en Allemagne de 41 heures contre 38,1 heures en France pour les salariés à temps plein.

L’éthique : l’homme au coeur de l’entreprise, on voit de plus en plus d’entreprises s’engager dans une démarche RSE (le 2e Parlement des Entreprises d’Avenir aura lieu en mai 2011 à Nantes).

L’Agenda social de LaurenceParisot pour le 1er semestre 2011

Notre présidente s’est fixé 4 objectifs à traiter avec les partenaires sociaux :

<  l’emploi, notamment l’emploi des jeunes et souplesse du marché du travail (2e étape après la rupture conventionnelle),

< le financement de la protection sociale, notamment de l’assurance maladie,

<  la vie au travail (l’articulation des temps de vie professionnelle et de vie familiale, la lutte contre la discrimination, l’égalité homme-femme, etc.

<  la rénovation du dialogue social (réforme des IRP : institutions représentatives du personnel), et modernisation du paritarisme. Le but est de simplifier la vie du chef d’entreprise.

Et elle précise qu’il faut agir vite, avant que Xavier Bertrand s’invite ou prenne la main.

Et au niveau départemental, le MEDEF c’est quoi ?

C’est une association dont le Conseil d’Administration comporte 40 membres et qui est animé par un bureau de neuf membres plus six responsables de commission, plus sept responsables d’actions opérationnelles.
Cette association fournit des services qu’aucune autre organisation n’apporte dans sa globalité :

<  D’abord, elle fédère tous les profils d’entreprises, en terme de taille, de structure du capital, et de diversité de ses dirigeants : de la multinationale, au consultant, en passant par la PME patrimoniale.

<  Tous les engagements qui sont pris tiennent comptent des branches professionnelles représentées : Métallurgie, Bâtiment, Banques, TP, Transport, Chimie…

< Et puis le MEDEF 44, c’est avant tout le service aux entreprises, avec 3 experts dans les domaines fiscaux et sociaux. Et je peux vous dire que beaucoup d’entreprises utilisent de façon surtout préventive ces services en toute confidentialité.

< Mais c’est également la défense des intérêts des entreprises à travers plus de 300 mandats assumés par des chefs d’entreprise, dans des organismes paritaires ou non. J’en profite pour les remercier tous, et plus particulièrement ceux qui travaillent dans l’ombre avec pour seule gratification la conscience du service rendu pour l’intérêt collectif.

< La réflexion, et c’est nouveau, il existe 6 commissions d’une quinzaine de membres chacune : prospective, les questions d’actualité, l’éthique, relation Ecole-Entreprise, 10 propositions aux candidats à la présidentielle 2012 et communication

<  Notre expression est assurée par les événements spécifiques que nous menons régulièrement autour du handicap, des RH, en organisant des rencontres/visites dans les entreprises, et en étant représentés dans les événements économiques et sociaux de notre département.

< Enfin, nous relayons dans le territoire, les positions politiques du MEDEF National (retraites, emploi des jeunes, etc…)

Comme vous le voyez, on est loin d’un club de VIP.

Avec l’aide de l’équipe de 12 salariés, l’entrepreneur acteur au MEDEF est avant tout un militant. Militant, a priori, ce n’est un trait de caractère dominant chez les chefs d’entreprise.

Bilan 2010

2010 a été marquée par un renouvellement des membres du Conseil d’Administration et du Bureau (on m’a même dit qu’ils étaient trop inexpérimentés…), l’organisation de Jules Verne dans un esprit de travail type « université d’été », la réforme des retraites, et les élections CCI.

Importante également a été l’élection de Benoît Cailliau, membre du MEDEF, à la présidence du CESER, à qui je renouvelle publiquement mes félicitations.

Nous nous félicitons également de la réélection de Jean-François Gendron à la présidence de la nouvelle CCI de Nantes Saint- Nazaire, soutenu, bien sûr par le MEDEF 44, dès l’origine de sa candidature.

J’en profite pour rendre hommage à Alain Mustière dont la contribution, les engagements visionnaires, la disponibilité pour l’intérêt général ont beaucoup contribué à l’attractivité de notre territoire et à la performance économique de nos entreprises.

Et 2011, maintenant ?

La situation des entreprises de Loire- Atlantique :

Elle est difficile pour les sous-traitants, les Travaux Publics et on vit encore un déficit marquant dans le développement à d’international (c’est un des axes prioritaires que nous avons confié à la CCI).

Par contre, la situation est redevenue positive pour les fleurons comme STX, Airbus, Manitou, mais aussi le bâtiment, les services qui profitent de la dynamique démographie de notre département. Et puis il y a les projets importants d’infrastructure, qui sont porteurs de perspectives économiques pour notre département : Notre- Dame-des-Landes, le CHU, la Gare, la ligne LGV, le Tram-Train, l’autoroute de la mer qui monte en puissance, et tous les chantiers en cours et à venir sur l’île de Nantes.

Enfin, nous fondons beaucoup d’espoir sur l’IRT Jules Verne, qui vient de recevoir deux soutiens déterminants avec PSA et Altom Power.

Dans ce contexte, notre responsabilité pour cette nouvelle année, à nous Entrepreneurs engagés au sein du MEDEF :

c’est d’abord, pour favoriser l’emploi des jeunes et des seniors, de passer à l’acte, dans nos entreprises, même si cela doit nous coûter un peu.

Ensuite, je voudrais qu’on se mobilise tous, pour redonner le goût du travail aux salariés de nos entreprises. Comment je donne envie à chacun d’entre eux, de venir travailler avec plaisir, tous les matins ? Il y a des éléments de réponse valables pour tous : l’innovation, l’employabilité par la formation et les outils modernes de management.

Mais en plus, chacun doit trouver la réponse spécifique à son contexte.

Notre arme pour y arriver, c’est la pédagogie.

A l’heure où nos concitoyens s’éloignent de plus en plus des débats politiques trop dogmatiques, quelle autre institution engagée détient la légitimité pour matérialiser des propositions responsables et pragmatiques porteuses d’espoir ?

C’est l’entreprise.

Car c’est bien dans les entreprises, et grâce aux chefs d’entreprise et leurs équipes, qu’on développera les métiers demain, qui créeront la valeur économique de demain et les emplois de demain.

Je vous souhaite une bonne année 2011